Les élections de 2015 – Une campagne marathon se termine par un sprint final

Au cours de la fin de semaine, des familles se sont réunies pour le souper de l’Action de grâce ou pour regarder les parties de football et de baseball de l’automne, et elles ont inévitablement parlé des élections. Le partage de points de vue entre membres de la famille et amis a joué un rôle lors de campagnes électorales antérieures, notamment en aidant les électeurs indécis à choisir un parti, et il en sera probablement de même encore cette fois-ci.

Les politiques de tous sont maintenant connues. Dorénavant, les organisateurs des partis réorienteront leurs ressources vers les efforts pour inciter les gens à aller voter. C’est sans doute l’aspect le moins visible des campagnes. Le personnel dans les coulisses se préparera à mobiliser les électeurs dans les circonscriptions clés. Lors des élections de 2011, deux points de pourcentage ou moins ont séparé les candidats gagnants des perdants dans 22 circonscriptions, alors un gros effort pour pousser les électeurs à se rendre aux urnes peut faire la différence entre la victoire et la défaite.

Selon de nombreux sondages, une course à deux entre les partis libéral et conservateur semble se dessiner, alors que le NPD commence à perdre de la vitesse dans les sondages nationaux. Toutefois, les sondages régionaux révèlent une situation différente et montrent que le NPD demeure très certainement dans la course dans des circonscriptions clés, notamment en Colombie-Britannique et au Québec. Il se peut que la campagne du NPD soit en perte de vitesse, mais il est trop tôt pour le déclarer vaincu, car nous savons que le soutien populaire ne se traduit pas toujours par des sièges au Parlement. Le 19 octobre, la fin de ce qui a surtout été une course à trois pendant la majeure partie de la campagne s’annonce extrêmement serrée.

L’enjeu déterminant le jour du scrutin sera l’économie… non?

Signé par 12 pays représentant près de 40 % du PIB du monde, le Partenariat transpacifique a eu de l’importance pour plusieurs raisons autres que pour les relations internationales. Au Canada, l’accord a donné aux chefs des partis un autre point permettant de se différencier encore plus des autres. Il a aussi réglé une question économique clé au programme du gouvernement, sa signature n’ayant suscité qu’une réaction assez timide de ses opposants déclarés (c.-à-d., les producteurs laitiers) qui y ont adhéré après qu’on leur ait promis un programme gérable de changement et d’indemnisation. Toutefois, au milieu de la semaine, Harper avait déjà détourné son attention de l’entente historique de lundi pour revenir à des questions litigieuses qui n’ont pas cessé de faire la manchette pendant cette campagne. Il a lancé l’idée d’interdire le port du niqab dans la fonction publique en tant que « ballon d’essai », et l’attention soutenue portée au niqab a été inattendue pendant une campagne qui était censée être axée sur l’économie et les affaires étrangères.

Les partis de l’opposition ont en grande partie évité de s’attarder à l’accord commercial. Mulcair a exprimé son opposition, ce qui l’a ramené plus près des fondements de son parti, mais qui pourrait aussi avoir causé le plafonnement des chiffres du NPD dans les sondages. Par ailleurs, il a fait des annonces concernant le financement des arts et de la culture, l’assurance-médicaments universelle et la politique de défense.

Malgré les pressions exercées par les médias, Trudeau a maintenu son approche attentiste de l’accord. Il s’en est plutôt tenu à la plateforme de son parti et a continué de claironner son soutien de la classe moyenne. Les libéraux ont aussi multiplié leurs attaques contre Mulcair, en rappelant ses déclarations antérieures sur les pipelines, le commerce et les soins de santé.

La mégascience obtient une méga-reconnaissance

Il y a eu cette semaine une annonce importante qui n’avait rien à voir avec la campagne, mais qui a néanmoins attiré l’attention de tous, y compris des chefs. Le milieu scientifique canadien a été ravi d’apprendre qu’Arthur McDonald, professeur émérite à l’Université Queen’s de Kingston, en Ontario, avait été nommé colauréat du prix Nobel de physique de 2015. Les partis lui ont transmis leurs félicitations, et pour un moment pendant la campagne, la nouvelle a rappelé aux politiciens que certains des meilleurs travaux de recherche se font ici même au Canada par des chercheurs canadiens. M. McDonald a été inondé de demandes d’entrevue des médias et il n’a pas raté l’occasion de souligner que le Canada a besoin d’une approche équilibrée de la science et de la recherche et que les mégasciences jouent un rôle important dans la création d’innovations et qu’elles doivent bénéficier d’un soutien adéquat. Espérons que nos chefs l’ont entendu!